Difficile d’exprimer si l’histoire du parfum est liée à celle de l’humanité, ou si l’humanité n’a fait que suivre les traces du parfum croyant le découvrir ou l’inventer !
Quoi qu’il en soit, une certitude : l’histoire de l’humanité est liée à celle du parfum, et l’histoire du parfum associée à celle de l’humanité. Car il est bien question de lien et d’association de proximité.
Que ce soit une histoire de commerce, une histoire d’amour, une cérémonie religieuse ou un geste médical, le parfum et l’humanité ont toujours co-existé. C’est tout d’abord une histoire de goût. Avec l’histoire du feu, le bois donnait du goût en brûlant aux aliments, qui se nourrissaient de cet encens naturel.
Les huiles parfumées ont par la suite enjolivé la toilette des dames après avoir parfumé les lieux sacrés des temples.
Les grandes découvertes d’autres territoires et d’autres continents, ont ouvert des chemins encore inexplorés au parfum. Le monde arabe dans sa grande globalité, a créé ensuite la subtilité de la parfumerie, faisant du parfum un art, un métier de maîtrise d’art. Les professionnels n’étaient non pas des artisans ou des créateurs de parfums mais des facteurs de parfums. Toute une subtilité liée à la reconnaissance de cette maîtrise, en en a fait les Maîtres incontestés du parfum.
Les chaos du XIIème siècle liés aux épidémies et au manque d’hygiène ont éludé cette grandeur du parfum pour en faire un produit « pharmaceutique ». Ce n’est que plus tard que les parfums sont revenus en tant que luxe de beauté et de noblesse. Le parfum faisait alors même parti de l’hygiène, au même titre que le savon de nos jours. L’ultime extension du parfum s’est concrétisée dans les années 1500, où la coquetterie portée à son summum amenait à parfumer les gants. La parfumerie est arrivée alors au sommet des éloges et de sa reconnaissance.
L’idée de nouveau départ contenu dans le vocable « Renaissance » illustre le déclin et le nouveau départ du parfum dès la fin du XVIème et sur une partie du XVIIème siècle. Un nouveau départ destinant le parfum à cacher tant bien que mal les odeurs nauséabondes liées à un manque d’hygiène. Sa consommation a redoublé alors !
Le siècle des lumières et le XVIIIème, a permis de retrouver l’apparat des fragrances subtiles après avoir goûté aux parfums plus forts, ce qui correspondait à la culture acquise en un siècle de manque d’hygiène. Cette légèreté répondait à un besoin de séduction. Sous ce siècle, l’importance des flacons a débuté.
Au XIXème siècle, l’avancée de la chimie permettait alors de reproduire les odeurs naturelles, puis d’en formuler de nouvelles. Dès lors, le parfum devenait un produit industriel. Un tournant majeur que les XXème et XXIème siècles prenaient sous le sceau de la production commerciale et de la course au chiffre d’affaires. En parallèle toutefois, le parfum faisait son entrée dans le monde de l’art, officiellement reconnu et accepté comme tel par les hautes instances nationales françaises.

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